Edito

Je ne suis pas hypnothérapeute !

Je suis médecin. Je suis infirmière. Je suis infirmier. Je suis psychologue. Je suis kinésithérapeute. Je suis dentiste. Je suis psychothérapeute. Et tant d’autres professions de santé qualifiées par un diplôme d’état. Reconnues !

Alors pourquoi cette déclaration si radicale ? Pour que l’on ne s’y trompe pas. L’hypnose ne soigne pas. Jamais. C’est une personne qui le fait.

L’époque est pressée et abuse des raccourcis. Au risque de l’affaiblissement voire de la perte du sens et des repères.

Si des « empiriques » sans connaissances de la physiologie et de la pathologie s’auto-proclament « hypnothérapeute », grâce au vide juridique qui aspire toutes les avidités  de pseudo-reconnaissance; alors pourquoi céder à la tentation de banaliser nos diplômes, voire de les dissoudre dans une appellation, certes, séduisante mais trompeuse. Ne laissons pas nos compétences disparaître dans un jargon réducteur qui formate nos pensées et « corsette »  nos paroles.

L’époque est inquiète et redoute le futur. Nous sommes, peut-être, à la veille de changements importants. J’écris, aujourd’hui, cet édito au moment de la grève des personnels infirmiers qui souffrent d’un manque de reconnaissance de leur travail. Soumis à la dépersonnalisation et la dépréciation de leur profession, l’hypnose constitue un amplificateur de leurs compétences à telle enseigne que dans bon nombre d’établissements hospitaliers, l’hypnose est maintenant intégrée comme élément statutaire de politique de santé. Cette assimilation transversale de l’hypnose structure plus humainement les lieux de soins.

 

Alors, là où l’hypnose s’exerce par des professionnels de santé, soyons présents, visiblement, pour la proposer dans ce cadre de sécurité de santé publique.

L’hypnose est l’un des catalyseurs les plus efficaces pour une politique de soins innovante. L’hypnose est miscible avec tous les médicaments, sans surdosage, ni contre-indications, compatible avec les traitements chirurgicaux, la radiothérapie, l’immunothérapie.

L’hypnose a sa place aussi bien dans les services d’urgences et de réanimation qu’en soins palliatifs. Aucun des domaines de la santé ne lui est étranger; si bien qu’elle peut être enseignée, partiellement, comme soutien individualisé au patient lui-même.

 

La CFHTB forte de 33 associations de professionnels de santé confortée par 17 Diplômes Universitaires a organisé en 2015 le plus grand Congrès International d’Hypnose depuis 1889, réunissant plus de 2500 participants du monde entier à Paris au Palais des Congrès en 2015. Cette conjonction exceptionnelle, la CFHTB la voit comme une perspective inédite à développer en relation avec les autorités ministérielles, académiques, ARS, sociales, ordinales, etc.

 

C’est pourquoi, nous démarrons, dès maintenant, la préparation des Etats Généraux de l’Hypnose Thérapeutique pour 2018. Idée issue de La Grande Table Ronde « Hypnose & Ethique » du 29 septembre à Vaison-la-Romaine.

Dans cette dynamique, des « Cahiers de Doléances », à l’instar de ceux qui ont présidés à la naissance de la République, vont être diffusés pour établir un « état des lieux thérapeutiques » de la pratique hypnotique dans la politique de soin aussi bien libérale que publique. L’ambition est grande, le moment est peut-être venu de changer le point de vue de nos contemporains sur ce sujet si méconnu.

La première édition de ces « Cahiers de Doléances » sera présentée lors du Xème Forum de la CFHTB à Clermont-Ferrand au printemps.

 

Dr Patrick Bellet

Président de la Confédération Francophone d’Hypnose et de Thérapies Brèves

 

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